Podologie équine

Pourquoi la podologie équine ?

Le mouvement du pied nu arrivé en France il y une dizaine d’années a focalisé les propriétaires soucieux des pieds de leurs montures sur le parage. Le parage n’est en fait que la partie émergée d’un gros iceberg : les soins aux pieds des chevaux ou hoofcare en Anglais.

MAIS qu’est-ce qu’un bon parage? Sur quelle base peut-on dire qu’un parage est correct? Comment peut-on réduire la santé des pieds et leur développement au seul acte du parage?

Pourquoi doit-on parer? Comment le faire et comment savoir qu’il est bien fait? A quoi sert-il? Dans quels soins globaux s’inscrit-il? Qu’est-ce qu’un bon pied? Comment peut-on savoir si le pied est en équilibre et à quoi cela sert? Comment peut-on savoir si telle ou telle structure du pied est en bonne santé ou non? Et si telle ou telle structure est en mauvaise santé comment faire pour y remédier? Comment fonctionnent les structures et comment l’interaction qui s’organise entre elles, influence la santé du pied et finalement du cheval en entier? Voilà le genre de question auxquelles la podologie équine peut répondre.

Aujourd’hui, les propriétaires de chevaux en France, ont le choix entre différentes façons d’appréhender l’entretien et les soins aux pieds de leurs équidés.

Plutôt classique avec la ferrure et les techniques de Maréchalerie.

Plutôt naturelle avec le parage naturel, basé sur les recherches de Jaime Jackson ou Pete Ramey. (http://www.hoofrehab.com/)

Plutôt naturelle mais ferrés avec les recherches de Gene Ovnicek. (http://www.hopeforsoundness.com/natbalance/nbtrim.html)

Plutôt médicale avec les recherches du Dr Strasser. (http://www.hufklinik.de)

Plutôt classique mais sans fer avec la méthode de Dan Guerrera. (http://www.barehoof.com/Barehoof.com/Barehoof_Home.html)

Ou plutôt scientifique avec la podologie équine appliquée et les recherches de KC Lapierre. (http://www.appliedequinepodiatry.org/iaep/index_french.html)

La différence se fait surtout au niveau des connaissances sur lesquelles reposent les actes et sur la philosophie qui accompagne le praticien.

Le parage naturel vise à faire ressembler les pieds de nos chevaux domestiques aux pieds des mustangs féraux (retournés à l’état sauvage). On prend pour modèle le pied naturel d’un type de chevaux d’une région particulière des États-Unis.

Si le concept de base peut paraitre une bonne idée et avoir rencontré un certain succès aux États-Unis pour des chevaux qui vivaient quasiment dans les même conditions et surtout dont les activités se rapprochaient beaucoup de l’activité des chevaux libres, il n’en va pas de même pour nos selles Français et nos purs sangs vivant en agglomérations.

Pourquoi ? Pourquoi il y a eu autant de difficultés avec cette méthode?

Parce qu’il ne suffit pas de vouloir recopier la nature mais il faut arriver à comprendre ses mécanismes en faisant intervenir la logique et la science.

Le parage et sa quête de « concavité », de « sabot à broyer du caillou » et autre « fourchette pompe » n’est pas allé assez loin. Ce fut quand même les bases d’une réflexion amenant à comprendre que la ferrure ne pouvait être la seule solution. Les dernières recherchent tendent à prouver que le fonctionnement du pied est plus complexe.

C’était oublier le rôle des structures du pied et leurs interactions et surtout ne pas prendre en compte la faculté que ces même structures ont à utiliser l’énergie de la locomotion pour leurs propres croissance et santé, et ce d’une façon tout à fait particulière.

Tout cela va plus loin que « râper » de la corne et laisser faire la nature. Sur le terrain, je me suis rendu compte du fossé qu’il pouvait y avoir entre les bases jetés il y a 20 ans suite aux observations de pieds forgés par un environnement très exigeant et les règles de la podologie visant à améliorer ou à prolonger dans le temps la santé globale de tout l’appareil locomoteur de chevaux de sports ou de loisirs.

Comparaison d’un pied de mustang et un pied équilibré avec la podologie équine.

P3 para vs arche interne

La podologie n’a rien avoir avec un parage d’herbage ou un parage d’avant ferrage enseigné en école de maréchalerie.

Un bref rappel historique nous montre que la ferrure remonterait au IV° siècle. Elle servait à protéger l’usure des pieds des chevaux utilisés pour la guerre et les transports à une époque où on utilisait le cheval comme une machine sans vraiment prendre en compte ses capacités physiologiques. Les gaulois l’utilisaient à titre uniquement curatif le temps que la paroi ai assez repoussée pour enlever le fer. C’est bien la chevalerie qui sonne le début de la maréchalerie moderne avec ses destriers portant plus de 200 kilos d’armures et d’homme.

La médecine vétérinaire et donc la maréchalerie du XVIe s. ont posé un postulat qui va rendre obligatoire certaines pratiques. « La paroi du sabot est la principale structure porteuse du pied ».

Partant de cette base et avec le concours d’une lente évolution des pratiques d’hébergements des chevaux depuis l’antiquité en passant par le moyen âge jusqu’à nos jours, on a considéré qu’il fallait « protéger le pied ». Le manque de mouvement, un parage approximatif combiné à l’ammoniac du fumier rendent les pieds mous et ralenti considérablement leurs développements. Les guerriers ou les travailleurs n’avaient pas le temps ni les connaissances pour avoir des pieds nu sains et fonctionnel dans de tels environnements.

Ce postulat mixé avec du traditionalisme et une modernisation de la gestion des chevaux qui avaient oublié de répondre à leurs besoins fondamentaux ont poussé la ferrure à devenir une norme.

Xénophon*(lien) avait remarqué que les pieds se renforçaient au contact de sols pavés en galets. Les premiers témoins qui revinrent d’Afrique avaient remarqués que les barbes n’étaient pas ferrés et pourtant évoluaient sur des rochers. L’environnement et la stimulation sont donc primordiaux.

Avec la ferrure on a reproduit les mêmes erreurs depuis 500 ans. A force, les problèmes de pieds devenaient la norme (ou une fatalité) et la croyance scientifique à ce sujet est de s’en remettre à l’hérédité. La génétique est une chose, les conditions d’élevage mis en place sous Napoléon en sont une autre. On en a oublié ce que pouvait être un pied sain, donc non ferré.

La science moderne s’évertuant à étudier des chevaux ferrés depuis leurs 3 ans pour la plupart. Les concours d’élevages exigeants des chevaux ferrés, des traditions bourgeoises voulant qu’un cheval de selle soit ferré et des sports équestres de plus en plus exigeants amènent des conséquences. Les conditions de vie des chevaux sont passé des écuries de châteaux forts ou de relais de postes aux stalles napoléoniennes en finissant par les boxes de «3×3 » devenant le summum du confort moderne pour équidés domestique digne de ce nom. On a vite oublié que le besoin de mouvement est un besoin fondamentale de la physiologie du cheval et que pour avoir de bons pieds il faut de la stimulation comme l’avait découvert Xénophon !

La maréchalerie dans sa logique de protection et de support périphérique (la paroi) tout en oubliant la nécessité de stimulation va s’évertuer à appliquer une prothèse métallique cloués sous le pied par simple ignorance et erreur scientifique. Le poids des traditions et la direction prise il y a 500 ans persiste. Le Maréchal faisant de son mieux pour protéger le pied alors que c’est l’inverse dont il a besoin.

La maréchalerie ne prend pas en compte le fait que le pied puisse se développer, ni que ses structures puissent utiliser l’énergie de la locomotion pour leurs bonne santé. C’est une évidence puisque ils ne travaillent que sur des pieds ferrés dont la forme et les fonctions sont altéré. Les rares pieds nu qu’il côtoie sont au repos ou paré deux fois l’année, ce qui ne permet pas de grande découverte.

Le rôle des tissus mous n’est pas pris en compte. Soumis à des forces très importantes que l’on rencontre lors des pratiques sportives, un pied bloqué trop jeune dans une prothèse métallique l’empêchant de fonctionner normalement n’aura de cesse de se déformer et de se dégrader irrémédiablement, rendant encore plus l’idée d’un pied nu sain et performant complètement absurde.

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